Etre chef d’entreprise, être une femme (et vice-versa)

Le 8 mars dernier, à l’occasion de la journée de la Femme, j’ai eu le plaisir d’être conviée, en tant que femme et en tant que chef d’entreprise à un déjeuner présidé par François Hollande et Najat Vallaud-Belkacem.

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Nous avons été invitées à témoigner sur la place des femmes dans l’entreprise et le monde économique. L’occasion de revenir sur la parité et la mixité dans toutes les instances françaises

Un débat passionnant, ou devrai-je dire une amorce de débat, tant il est vaste, tant il y aurait de choses à dire..

13 femmes chef d’entreprise ou à des fonctions de responsabilité importantes dans l’entreprise, des TPE comme la mienne , des PME et de grosse entreprises et pourtant tellement de choses en commun !

nathalie chez Najat avec François

Le fait de devoir toujours en faire plus que nos confrères masculins pour arriver à des niveaux similaires de responsabilités, et continuer à gagner pourtant moins qu’eux.

Continuer de cumuler 2 journées: celle au travail, puis celle à la maison. Même si des progrès ont été fait, la gestion de la maison et des enfants reste l’apanage féminin.

La difficulté pour les plus grosses entreprises de recruter des femmes dans certains métiers plus techniques. Pourquoi, alors que nos filles sont de bons éléments à l’école, ne les retrouve-t-on pas dans les écoles d’ingénieurs, dans les formations du numérique ?

L’école est pourtant un creuset pour effacer les disparités entre filles et garçons, et apprendre à nos enfants, quel que soit leur sexe que tous les métiers doivent leur être accessible

Il me semble que l’éducation à un rôle essentiel à jouer: celle que nous insufflont à nos enfants, en leur apprenant à avoir confiance en eux et en tachant d’en faire de meilleurs hommes et de meilleures femmes pour un avenir paritaire, mais celle aussi qui leur est inculquée à l’école.

Il ne s’agit pas de faire monter les phobies irrationnelles que nous avons vues dernièrement, mais d’y apprendre le respect mutuel, d’y avoir peut-être des intervenants extérieurs (et pourquoi pas des parents) présentant des métiers trop peu connus, et susciter ainsi des vocations.

Une participante d’origine américaine a aussi parlé du « work day » existant aux Etats-Unis depuis plus de 20 ans et où les parents amènent leurs enfant au travail pour mieux leur faire appréhender le monde de l’entreprise; Trop peu d’entreprises en France favorisent cet échange entre parents et enfants.

Nous avons aussi parlé du fait que les TPE et PME qui se conjuguent de plus en plus au féminin, ont du mal à croître, dans la mesure où elles obtiennent 4 fois moins de financement que les hommes.

Vous savez, de plus comme moi , vous toutes qui créez dans le domaine des arts créatifs que ce secteur, bien que porteur et fédérateur d’emplois et de richesses , à toutes les peines du monde à obtenir la reconnaissance dûe par les financiers et les instances publiques.

Beaucoup de femmes sont auto-entrepreneur, montent des entreprises, créent leur business parce qu’elles ne trouvent pas d’emploi et peuvent ainsi se targuer de ne pas aller grossir les chiffres du chômage.

Nous avons été toutes d’accord sur le fait qu’en France, les patrons étaient systèmatiquement mis du côté des « méchants » et l’opinion met souvent dans la même balance les patrons de multinationales avec les petits patrons comme vous et moi qui se débattent au quotidien pour subsister, sauvegarder l’emploi et tenter de se développer.

Une intervenante a,  à juste titre,  fait noter que beaucoup de lois sont votées sans en mesurer l’impact sur nos entreprises. Les gouvernements peuvent changer, être remaniés mais nous voulons construire nos entreprises dans la pérénité !

Les instances publiques se positionnent souvent en défiance vis à vis des entreprises, on passe plus de temps à batailler contre les différentes instances économiques, administratives que tous ensemble contre l’exterieur pour construire une économie plus forte.

Les femmes doivent apprendre à se faire plus confiance, à réaliser qu’elles ont beaucoup à apporter à la Société en règle générale, mais aussi au monde professionnel: une autre manière de gérer, de travailler, de s’investir, tout en ayant des résultats équivalents à ceux des hommes.

Le débat s’est prolongé sur le perron du ministère des droits de la femme après le départ de F. Hollande..

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Mais ce qui est intéressant c’est aussi et surtout de recueillir vos avis, votre ressenti: quel patronne/chef d’entreprise/auto-entrepreneur êtes-vous ? Pensez-vous que le fait d’être une femme est un frein ou un atout dans votre travail ?

Au delà de toute considération politique, un débat et un combat de fond sont à mener pour assurer notre avenir et celui de nos fil(le)s :-)

Plusieurs portraits d’intervenantes (dont mézig) ont été réalisés que vous pouvez visionner en cliquant sur les liens ci-dessous:

Marie-Vorgan Le Barzic, dirigeante de Silicon Sentier

Hélène Boulet-Supau, dirigeante de sarenza.com

Nathalie Aflalo fondatrice de Linna Morata

Eva Escandon, présidente de Femmes Chefs d’Entreprises

Areeba Rehman , fondatrice de Fretbay

7 réflexions au sujet de « Etre chef d’entreprise, être une femme (et vice-versa) »

  1. Bonjour Nathalie,

    J’ai été une femme cadre pendant dix ans dans une très grande entreprise française et cela a été un véritable frein. La plupart du temps plus diplômée que mes collègues masculins, j’ai eu droit fréquemment à des réflexions désobligeantes, sans compter un salaire plus bas, des supérieurs très misogynes … On m’a dit de mettre ma fille à la DASS un mercredi que j’avais posé en congés pour profiter de ma puce et où on me collait une réunion …

  2. Bonjour,
    Je vous comprends, j’ai moi-même créé linna morata après avoir été licenciée d’une entreprise de l’industrie..pendant mon congé maternité :-(

  3. oui mais pour les etudes superieures, il faut d’abord voir si cela plait aux filles…car en ingenieur bio, elles sont quand meme assez nombreuses mais il est vrai qu’ingenieurs maths non…(mais c vrai qu’en France, on ne parle qu’en fonction des maths)….
    en tout cas courage….mais la notion d’homme au foyer commence a faire son petit chemin…;)

  4. Auto-entrepreneur, freelance, chef d’entreprise et… maman, le tout à domicile. On dira que je suis multi-tâches, avec toutes les joies et les incertitudes que ces « statuts » comportent.
    Travailler de chez soi, je crois que l’on en fait encore plus que lorsque l’on est en entreprise. Le problème ? Devoir se justifier que l’on travaille bien et que l’on ne passe pas ses journées à faire du shopping. Je ne calcule pas le nombre de fois où des amies ou la famille m’a dit : « bonne journée, bonne balade, profite bien du beau temps ! » Cela me rend hystérique !
    Je n’ai eu ni congés maternité, n’ai pas ni congé maladie, ni journée enfant malade, ni congés payés pourtant je dois sans cesse me justifier que oui, je travaille, même de chez moi. Les horaires ? Le samedi, le dimanche, le 1er mai, le 15 août, à 8h ou à 23h… Vous savez de quoi je parle j’en suis certaine ! Les RTT, je ne connais pas non plus !
    Alors non, je ne suis pas en train de me plaindre, je suis heureuse dans cette situation, mais cela fait du bien de lire ce billet, je me sens un peu moins seule !
    Même en 2014, les femmes doivent sans cesse se justifier de leur boulot ou de mériter un poste à responsabilités, plus qu’un homme.
    Merci Nathalie et bonne continuation !

  5. Oui Palmyre, et que dire des halte-garderies qui vous disent « nous ne pouvons pas prendre votre enfant, puisque vous êtes à la maison » – mais je travaille !!! – ah, oui, mais vous êtes chez vous, vous pouvez vous occuper des enfants !

    Avoir son activité à la maison, c’est la deuxième peine: vous êtes à la maison (donc vous ne faites rien, c’est bien connu), et quand vous avez en plus votre activité à domicile…courage.

    Je l’ai dit gentiment lors de la réunion: « mon succès, je ne le dois qu’à moi même: 80 heures de travail par semaine, je suis plus pauvre que quand j’étais salariée, mais il faut croire que j’aime çà ;-)

  6. Chère Nathalie,
    Je suis touchée pas votre témoignage. Admirative de votre travail et du chemin que vous avez parcouru, cela m’a fait du bien de vous lire et de me rendre compte que l’on vit les mêmes choses. j’aime l’idée que je deviendrais peut-être aussi grande par mon travail avec toutes les difficultés du quotidien, des lois de notre pays, qui changent tout le temps et qui mettent en danger nos entreprises.

    Mon entreprise est jeune mais je me bats pour avoir de la reconnaissance mais c’était difficile de défendre mon projet auprès des banquiers, chambre des métiers, de commerce etc…
    Je pense être une privilégié car j’ai obtenues des garanties bancaires, et des prêts d’honneur mais je suis passée par des commissions ou on doit prouver plus que les hommes :  » vous êtes une jeune femme, maman d’enfants en bas âges, qui a une lubie (ouvrir une boutique). Vous tiendrais pas, c’est une amusette votre histoire…, vos ateliers vous ne les remplirez jamais… qu’est ce que vous avez de plus que les autres … » c’était pas facile a attendre, de plus il fallait leur prouver qu’ils se trompaient. C’était éprouvant !

    Aujourd’hui la société est encore petite mais elle grandit, comme vous je ne compte pas mes heures et comme vous « je suis plus pauvre que quand j’étais salariée », mais je suis confiante et j’ai un compagnon formidable qui me soutient et crois en moi et j’avoue que cela n’a pas de prix !

    Merci Nathalie

  7. vos réflexions et votre vecu prouvent que vous etes des femmes …HEROIQUES….oui heroÏques car a travers vos mots on sent une rage de reussir mais aussi une grande detresse de n’etre pas reconnues comme des chefs d’entreprises a part entiere……vous vous battez pour prouver a des gens qui ne vous arrivent pas a la cheville que vous etes aussi investies qu’ils peuvent l’etre ………alors je vous dis BRAVO MESDAMES!!!!!

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